Histoire des hôpitaux de Brabois

L’hôpital d’adultes du CHRU de Nancy a été le premier bâtiment à accueillir des patients sur le site de Brabois. Sa construction visait à répondre aux besoins sanitaires croissants du territoire lorrain limités par la vétusté des locaux hospitaliers et la faculté de médecine du centre-ville de Nancy. Depuis l’inauguration de l’hôpital en 1973 et la création du technopôle de Nancy-Brabois en 1978, le site principal du CHRU de Nancy n’a cessé d’évoluer et de se transformer.

© CHRU Nancy

Origines du projet et chantier

Les centres hospitaliers et universitaires (CHU) créés en 1958 entrainent une véritable mutation de l’organisation des facultés de médecine et des hôpitaux français. De nouvelles disciplines et technologies médicales émergent. Le nombre d’étudiants en médecine augmente. Les conditions d’accueil et de prise en charge des patients doivent évoluer.

À Nancy, les pavillons de l’hôpital Central construits au 19e siècle sont exigus et vétustes. Tout comme les locaux de la faculté de médecine rue Lionnois. Pour répondre aux besoins sanitaires croissants du territoire lorrain, le centre hospitalier envisage dès 1961 d’entreprendre l’aménagement, sur un autre site, d’un ensemble hospitalo-universitaire.

Après plusieurs études, le choix se porte sur le plateau de Brabois à Vandoeuvre. Non loin de l’hippodrome ouvert en 1927, un parcours de golf est inauguré en 1932. Transformé en champ de manœuvre par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale, le terrain de golf reprend vie en 1950.

En 1962, la zone est réquisitionnée et mise à disposition de l’hôpital moyennant le prix d’un franc symbolique. L’achat de propriétés voisines porte la superficie totale à plus de 41 hectares.

Vue aérienne comparative du terrain 1958 / 2022. Source : IGN
  • 1965 : travaux préparatoires d’assainissement du terrain
  • 1966 : travaux de voirie, d’alimentation en eau et en gaz, construction des réservoirs d’eau
  • 1968 : lancement de la construction proprement dite de l’hôpital (architectes Noël LE MARESQUIER et Robert LEBRET)
  • 1972 : réception provisoire des travaux, début de l’installation de l’équipement médical et du mobilier
  • Samedi 15 septembre 1973 : inauguration
  • 1973 – 1975 : ouverture des services et transfert des activités depuis les hôpitaux de ville, construction du centre régional de lutte contre le cancer et ouverture de la nouvelle faculté de médecine.

L’hôpital de Brabois peut alors accueillir 1 300 malades en hospitalisation et fonctionne grâce à 400 médecins, 1 800 agents non médicaux (dont 1 000 emplois nouveaux créés) et 450 étudiants hospitaliers.

Pour soulager les hôpitaux nancéiens avant la mise en service de Brabois, l’ancien hôpital américain de campagne Dommartin-lès-Toul est réaménagé et rouvert en avril 1970. Depuis, l’hôpital Jeanne d’Arc a définitivement fermé ses portes après le transfert des services à Brabois et au Centre chirurgical Emile Gallé.

L’hôpital moderne d’après-guerre

L’hôpital moderne d’après-guerre est défini comme un centre de vie capable de s’adapter rapidement à l’évolution des technologies médicales, en liaison avec les lieux d’enseignement de la médecine.

Développé en hauteur autour des appareils élévateurs (ascenseurs, monte-charge, monte-malade), l’hôpital organise rationnellement l’espace pour rendre plus rapides et plus fluides les relations soignants-malades, tout en offrant aux patients le meilleur confort hôtelier, des espaces lumineux et les appareillages les plus performants.

Chaque service dispose d’unités de soins, de locaux de services (offices, lingeries, salles de bain), d’espaces propres aux consultations externes, de laboratoires de recherche, de locaux d’enseignement et de bureaux pour l’équipe médicale et paramédicale.

Les bâtiments d’hospitalisation représentent plus de 100 000 m² de surfaces construites.

Le bloc principal est composé d’une « galette » de 70 m de large et 170 m de long, avec 4 niveaux dont un en sous-sol. Cette base est surmontée d’une tour de 25 m de large et 150 m de long dédiée à l’hospitalisation ; le 12e niveau culmine à 52 m de hauteur.

Le bloc principal est complété par une tour de 10 niveaux pour accueillir les services de pneumologie et insuffisance respiratoire, médecine générale gériatrique et maladies infectieuses (adultes et enfants). Le « pavillon des contagieux » est rebaptisé « Tour Paul-Louis DROUET » en hommage au professeur nancéien de médecine interne décédé en 1955. La tour est déconstruite en 2018 pour la construction du bâtiment de biologie médicale et biopathologie.

50 lignes réseau sont reliées au service central d’appels et certaines sont en liaison directe avec les autres bâtiments hospitaliers de la ville et la caserne des pompiers.© Crédit : CHRU de Nancy

Un important dispositif téléphonique et interphonique est installé pour garantir une communication rapide avec l’extérieur et à l’intérieur de l’hôpital. L’équipement téléphonique est doublé par un réseau d’interphones de 480 postes. Pour les recherches de personnes, un émetteur diffuse des messages parlés à 90 récepteurs miniaturisés.

Les années 1970 annoncent la fin progressive des salles communes au profit de chambres à un, deux ou trois lits, équipées de cabinet de toilette avec WC et d’armoire lave-bassin.
Les lits disposent de prises de courant et de fluides médicaux, d’un éclairage télécommandé, d’un mini-transistor à écoute individuelle et d’un système d’appel infirmières avec interphonie.

3 000 repas sont confectionnés chaque jour à l’hôpital par une entreprise sous le contrôle d’agents hospitaliers. Un système de galets chauffants conserve les assiettes chaudes des patients pendant 45 minutes.© Crédit : CHRU de Nancy

Plateaux médico-techniques

Les équipes de chirurgie utilisent un bloc opératoire commun et différents secteurs de réanimation et de soins intensifs sont créés.

Un secteur de chambres hors germes est aménagé pour les greffes de moelle osseuse et les thérapeutiques au long cours par chimiothérapies. Les chambres stériles en uronéphrologie permettent la réalisation des greffes du rein. Les visiteurs peuvent communiquer avec leurs proches hospitalisés via un écran de télévision et un interphone en circuit fermé.

L’essor des examens d’endoscopie conduit à créer un service spécial d’endoscopie centrale polyvalente.

Une opération de micro-chirurgie ophtalmologique pratiquée dans l’une des salles d’opération du bloc de l’hôpital de Brabois.© Crédit : CHRU de Nancy

Avec plus de 200 rendez-vous par jour en radiologie et la mise à disposition des résultats des examens en fin de journée, un des grands perfectionnements de la spécialité est axé sur la rapidité et la fiabilité de la manipulation des images. Les caméras d’ampliphotographie permettent une prise rapide des séquences dynamiques et c’est la fin des chambres noires : plus de 1 000 clichés sont développés chaque jour par un système entièrement automatique et compatible avec le plein soleil.

Un examen de radiologie réalisé dans l’une des 13 salles de radiologie de l’hôpital de Brabois. © Crédit : CHRU de Nancy

Le regroupement de la chimie, de la biologie, de l’anatomo-pathologie et de la physiologie permet de mettre en commun des équipements tels qu’un microscope électronique à très haute résolution et une ultracentrifugeuse. Des hottes à flux laminaire protègent le personnel contre les risques des manipulations bactériologiques et biologiques.

Une chaîne d’analyse automatique à 28 paramètres exécute 125 prélèvements soit 3 000 analyses à l’heure. Elle est gérée par ordinateur équipé de téléimprimantes pour les résultats et comptes-rendus. © Crédit : CHRU de Nancy

Les services ouvriers et intérieur

Les bâtiments techniques – chaufferie, buanderie, incinérateur, ateliers et station-service – sont reliés aux secteurs de soins par une double galerie enterrée (technique pour le passage des fluides et de liaison pour le transport du linge, des déchets et des corps jusqu’à la morgue).

Le chauffage, la ventilation et l’air conditionné pour certains locaux, ont nécessité l’installation de quatre générateurs d’eau et de vapeur biocombustibles et de trois groupes centrifuges à condensateurs refroidis par aéro-réfrigérants.

Le poste de contrôle technique.© Crédit : CHRU de Nancy

Le personnel ouvrier assure sa mission de maintenance et de dépannage autour de trois axes principaux : le bâtiment, l’électricité & mécanique et l’appareillage médical & à caractère électronique (appel malades, télévision, détection incendie…).

Le personnel des parcs automobiles assure le transport des malades (conducteur ambulancier), l’entretien et la réparation des véhicules, ainsi que la distribution et le ramassage d’objets divers.

Le personnel du service intérieur exerce de multiples fonctions comme la gestion des malades décédés (agent d’amphithéâtre), la désinfection des locaux, l’entretien des installations thermiques (chauffeur de chaudière), le gardiennage des locaux, la répartition des denrées & matériel ou encore l’approvisionnement des services.

Des années 1980 à aujourd’hui

En 50 ans, le site hospitalo-universitaire s’est densifié. À horizon 2031, les activités de médecine – chirurgie – obstétrique actuellement dispersées sur l’hôpital Central, la Maternité ou encore le centre chirurgical Émile Gallé rejoindront les hôpitaux de Brabois totalement reconfigurés dans le cadre du projet Nouvel Hôpital de Nancy.

Le site de Brabois en 1977. La faculté de médecine a ouvert ses portes en 1975, en face de l’hôpital. Couverture du magazine d’information du personnel.© Crédit : CHRU de Nancy
  • École des cadres et infirmières (1976-1977 – bâtiment démoli)
  • Hôpital d’enfants (1982)
  • Unité d’hospitalisation sécurisée (2004)
  • Unité de thérapie cellulaire et banque de tissus
  • Institut Louis Mathieu (2009)
  • Bâtiment Philippe Canton (2010)
  • Bâtiment de biologie médicale et biopathologie (2019 – en lieu et place de la tour Drouet)
  • Institut de la recherche et de l’innovation en santé (2025)

Exposition des 50 ans de l’hôpital de Brabois