Histoire de l’hôpital Saint-Julien

L’hôpital Saint-Julien créé en 1336 est à l’origine de la fondation du CHRU de Nancy. Pendant les siècles qui suivent, l’hôpital change de lieux jusqu’à son emplacement actuel en 1900. Aujourd’hui, il accueille les patients en soins médicaux de réadaptation et en soins de longue durée.

© CHRU Nancy

Les implantations successives de l’hôpital Saint-Julien sur un fond de plan de 1866 (Archives municipales de Nancy, Henri Lepage, Les Archives de Nancy, volume 4)

Saint-Julien « 1 », en vieille ville

En 1336, l’abbé Warnier fonde un hospice destiné à héberger trois catégories de pauvres : les malades, les femmes en couche ou les infirmes et les mourants. La vaste propriété transformée en hospice se situait dans la Grande rue de Nancy.

Le nom de l’hospice fait certainement référence à Saint-Julien l’Hospitalier, personnage dont l’histoire revêt plusieurs variantes :

  • Un Saint-Julien né à Antioche, qui, avec sa femme Sainte Basilisse, consacre sa vie à soulager les pauvres et transforme leur maison en une sorte d’hôpital. Il subit le martyr, décapité en 313.
  • Un Saint-Julien qui, selon un texte en vers du début du 12e siècle aujourd’hui disparu, aurait été le fils du comte et de la comtesse d’Anjou. Dans une variante de l’histoire d’Œdipe, il tue ses parents. Pour se racheter, il crée un hôpital aux environs de Saint-Gilles sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Cette légende se répand du 13e au 15e siècle.
Le premier hôpital (extrait du livret de l’exposition « L’hôpital Saint-Julien, 7 siècles d’histoire »)

À la fin du 16e siècle, les locaux deviennent insuffisants au regard de l’augmentation de la population. Le duc de Lorraine Charles III souhaite déplacer l’hospice. En attendant sa reconstruction, les pensionnaires sont transférés provisoirement à Saint-Dizier.

Saint-Julien « 2 », derrière l’Hôtel de Ville

En 1590, le nouvel hospice ouvre ses portes derrière l’Hôtel de Ville de Nancy.
Il correspond au vaste espace compris entre les actuelles rues Saint-Georges, Saint-Julien et Pierre Fourrier et s’étend à l’est, au-delà de la rue Maurice Barrès.

L’hospice fonctionne grâce aux avantages accordés par les Ducs de Lorraine (rentes en argent, blé, sel, produits des aumônes, des amendes, etc.) et aux dons charitables.
Il accueille les malades, les infirmes et les enfants nécessiteux. Les nouveau-nés étaient placés en nourrice. À partir de 1702, il reçoit aussi les malades mentaux.

À partir de 1809, l’hospice Saint-Julien n’abrite plus que les vieillards, les infirmes et les malades chroniques. Tous les malades aigus vont à l’hôpital de la Commune, ancêtre de l’hôpital Central.
Les importantes donations de Collinet de la Salle (1863) et Roger-de-Videlange (1866) permettent l’ouverture de 59 lits nouveaux. Les moindres recoins de l’hospice sont utilisés mais ce n’est pas suffisant. Des dortoirs sont installés dans les greniers.

Le deuxième hôpital (extrait du livret de l’exposition « L’hôpital Saint-Julien, 7 siècles d’histoire »)

Le conseil municipal et la commission administrative prennent conscience des limites aux extensions possible et s’oriente vers un transfert sur un autre site.
Le terrain retenu au faubourg Saint-Nicolas situé au-delà de la porte de la nouvelle ville où l’on construit alors le nouvel hôpital de soins, futur hôpital Central.

Saint-Julien « 3 », faubourg Saint-Nicolas

Le nouvel hospice ouvre ses portes le 1er octobre 1900.

La galerie des indigentes, au fond, les infirmeries et la chapelle de l’hospice Saint-Julien ouvert en 1900

Pendant la première guerre mondiale, l’hospice accueille une unité de 50 lits pour blessés légers, notamment pendant la bataille du grand Couronné. Nancy n’est pas occupée mais sera victime de nombreux bombardements. L’hospice Saint-Julien en subit 9 entre 1915 et 1917. Des abris antiaériens ouverts à la population sont aménagés dans les sous-sols.

En 1928, un nouveau bâtiment accueille les vieux époux dénués de suffisamment de ressources pour vivre encore ensemble. Le pavillon de style Art Déco est édifié à l’angle de la rue Foller et du boulevard Lobau. Il comporte 40 chambres. C’est l’actuelle maison des addictions.

Pendant la seconde guerre mondiale, les pensionnaires sont transférés en Gironde. De mai à août 1940, l’hospice rouvre ses portes pour accueillir plus de 6 000 réfugiés.
Pendant l’occupation, seules les infirmeries restent à disposition des hospices civils. Les autres bâtiments sont reconvertis en casernement pour l’armée allemande.

Après 1945, en raison du déclin de son activité d’hébergement, l’hospice Saint-Julien voit peu à peu ses locaux affectés à des activités médicales. Dès 1948, on y organise une consultation de rhumatologie. Dans les années 1950, pour dégager les services de l’hôpital Central, des annexes médicales et chirurgicales y sont installées.

Suite au transfert en 1973-1974 à l’hôpital de Brabois des services de rhumatologie notamment, l’hospice devenu hôpital Saint-Julien, a surtout une vocation neurologique. Les activités de neurologie, neuroradiologie et neurochirurgie sont transférées à l’hôpital Central en 1999. L’hôpital Saint-Julien se spécialise alors sur le long séjour et les soins médicaux de réadaptation.

En 2006, l’hôpital nancéien accueille dans des nouveaux locaux les activités du centre médical Paul Spillmann implanté à Lay-Saint-Christophe. L’ancien sanatorium avait été reconverti en centre de moyen séjour à orientation gériatrique et de soins palliatifs.

En 2010, la cour de l’Horloge est aménagée en jardin à visée thérapeutique nommé « art, mémoire et vie ».

Livret de l’exposition